Pour changer un peu des covers foireux (mais si, rappelez vous, My Generation par Hilary Duff !), voici une courte liste non exhaustive et totalement subjective des reprises meilleures que la version originale ou quand l’élève surpasse le maître. Changement de rythme, de tonalité, de registre, de genre… voici les artistes qui ont transformé l’eau en vin. Un top garanti sans My Way ou Nirvana.

1. Tame Impala – Stranger In Moscow (Michael Jackson)

L’originale proposait des gros plans sur le visage de Michael Jackson (allez voir, ce n’est pas ce qu’il y a de plus agréable), mais aussi sa voix chevrotante et un rythme assez lassant. Kevin Parker donne à la chanson un aspect beaucoup plus aérien et léger. On n’en attendait pas moins du leader des psychés mélodiques Tame Impala. C’est d’ailleurs comme ça que pourrait être défini le genre de Stranger In Moscow façon Kevin Parker.

2. Ty Segall – The Slider (T Rex)

Ty Segall ne s’en cache pas, il est fan de T Rex. Pour lui rendre hommage, il a donc décidé de reprendre intégralement l’album The Slider , album qui répond au nom de Ty Rex (Ty Segall/T Rex, vous l’avez ?) sorti le 27 novembre dernier sur Goner Records. Un travail de longue date puisque les premières reprises ont vu le jour dès 2011. Celle que vous pouvez écouter ci-dessus est une des premières. Le californien nous balance ici une merveille à la limite du garage et du glam rock.

3. Miss Kittin – 3ème Sexe (Indochine)

C’est sans coupe mulet que Miss Kittin reprend Indochine, mais avec une voix d’enfant que la musicienne impose sa version beaucoup plus calme et délicate de 3ème SexeL’instrumentale reste beaucoup plus simple que dans la version originale (si personne n’associe les années 80 avec la simplicité, c’est qu’il y a une raison) mais tout aussi efficace. La version purement électronique de la chanson lui donne un coup de jeune, ce qui n’est en soit pas plus mal.

4. Mac Demarco – Change the World (Eric Clapton)

Notre canadien préféré, comme à son habitude, ne lâche pas sa guitare et pond un petit bijou. Guitare, basse, batterie, une voix fluette, le tout sur un rythme plus soutenu et aux allures psychédéliques voire surf rock, et le tour est joué. La version de DeMarco parait plus ancienne que celle de Clapton (pourtant parue en 2002, contre 2015 pour celle du canadien), mais est aussi bien plus entraînante que celle de l’ex guitariste des Yardbirds.

5. Nick Cave & The Bad Seeds – Stagger Lee (auteur inconnu)

Stagger Lee est originellement une chanson traditionnelle américaine. Elle raconte l’histoire de Lee Shelton qui, en 1885 a assassiné son ami Williaw Lyons. Notre ami Lee est par la suite mort en prison de la tuberculose. Ce charmant fait divers a vu naître quasi instantanément une chanson qui en était inspirée. Les premières reprises apparaissent dès 1910 (premier enregistrement), comme celle des Grateful Dead ou plus récemment d’Amy Winehouse, la plus connue étant celle de Lloyd Price en 1958. C’est d’ailleurs celle que Nick Cave, accompagné des Bad Seeds, a repris en 1996 dans son album Murder Ballads. Le rythme and blues de Price est alors remplacé par un rock expérimental sombre, qui colle bien mieux à cette sympathique histoire d’amitié. Le ténébreux Nick Cave est bien celui qui conte le mieux les anecdotes sordides.

6. Phoenix et Bill Murray – Alone on Christmas Day (Beach Boys)

Spécial Noël ! ( J-11)

Pour le film « A Very Murray Christmas » (disponible sur Netflix) de Sofia Coppola et Bill Muray, ce dernier s’associe à Phoenix pour reprendre un titre des Beach Boys, de 1979. Une version plus tournée vers l’électronique, et parsemée des interventions de Bill, le ton traînant, aussi nonchalant qu’à son habitude. C’est à mon avis ce qui fait le charme de la chanson.

7. Run The Jewels – Meowrly (Run The Jewels)

El-P et Killer Mike (Run The Jewels) ont eux mêmes repris leur titre Early. Non seulement ils l’ont considérablement accéléré, mais ils l’ont aussi blindé de chats. Tout l’album Run The Jewels 2 (2014) a subi le même sort en 2015 et est devenu Meow The Jewels, une version « chat » absolument géniale, à grands coups de ronronnements et de miaulements (ridicules) de chatons. L’album n’était d’abord qu’une blague. Dans les pages « achats » du site du groupe, qui proposent des packs permettant de mettre les membres du groupes à la retraite pour 10 millions de dollars, ou encore de les balancer en tant qu’animateurs remplaçants de Gordon Ramsay pour 150 000$, on retrouve la proposition suivante : le groupe remixera intégralement Run The Jewels 2 avec des sons de chat pour la musique pour 40 000$. Heureusement, des fans ont créé un kick-starter et, en un rien de temps, la somme nécessaire était là (et a été reversée aux victimes de violences policières aux Etats-Unis). Retrouvez l’audition des chats ici, et téléchargez gratuitement l’album ici.

8. Salut c’est cool – Trous de mémoire (Lio)

Les quatre compères nous offrent une version techno de Lio. Une version où l’on peut danser et sauter en levant les bras, en somme. Cette version, que j’ai eu la chance de découvrir en concert, est extraite de leur album Reprises (2014), où l’on retrouve notamment une chouette reprise de The Fool On The Hill (The Beatles) en instrumentale. Vous pouvez écouter l’album complet ici.

9. The Brian Jonestown Massacre – Philadelphie Story (Popera Cosmic)

Les Brian Jonestown Massacre, menés par le brillant Anton Newcomb, se sont associés à la bordelaise Soko pour cette reprise de Philadelphie Story de Popera Cosmic (de l’album Les Esclaves,William Sheller, 1969). La version des Brian Jonestown Massacre et issue de l’album Musique de Film Imaginé, sorti le 27 avril dernier. Les génies psychédéliques des BJM couplés à la voix de Soko aux (petits) airs de Farnçoise Hardy, rendent hommage aux films de la Nouvelle Vague, sombres et romantiques.

10. Ananda Shankar – Light My Fire (The Doors)

Son nom ne vous est peut être pas inconnu, Ananda Shankar est le neveu de l’excellent Ravi Shankar, joueur de sitar indien. En 1970, Ananda sort un album mêlant musique traditionnelle indienne et rock occidental, où figure Light My Fire des Doors. Le mélange des genres donne une chanson psychédélique à souhait. La mélodie principale est entièrement interprétée au sitar, s’ajoute à ça un clavier, et une guitare. Le mélange des cultures est ici très réussi.

Amateur ou non de reprises, vous pouvez maintenant frimer en dîner mondain.

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