Odezenne ça a toujours été pour moi une source de fascination. Découvert avec Tu pu du cu, le groupe m’a tout de suite plu. Alors quand j’ai su qu’un documentaire, Subland, sur le groupe serait projeté en avant-première dans le cinéma art et essai de ma ville, j’ai sauté sur l’occasion.

Le documentaire a été écrit pour la télévision et adopte donc un format plutôt court : 52 minutes. C’est autant de temps durant lequel, on suivra les péripéties du groupe au travers plusieurs étapes de leurs parcours. Le tournage de clip, la mise en carton des vinyles mais surtout le processus de création. Car oui Subland, parle avant tout de l’écriture, que ce soit celle de Dolziger Str. 2 à Berlin ou celle —tant bien que mal— du groupe dans l’histoire de la chanson française. Le documentaire cherche à montrer toutes les facettes du groupe, ce qui est loin d’être évident : le groupe se révèle plus mystérieux au fur et à mesure qu’il se dévoile.

Il faut dire que la music d’Alix, Jaco et Mattia est en constante évolution. A la vue de la discographie du groupe, force est de constater que le style du groupe varie d’album en album. Sans Chantilly et OVNI avaient ce côté rap agressif et tendre tout restant mélancolique, Rien semblait sortir de nul part et Dolziger signait l’effondrement du mur entre rap et poésie.

C’est donc sur ce dernier album que se penche particulièrement Subland. On y voit le groupe en manque d’inspiration s’exiler à Berlin. Entre les bières et synthés, le groupe n’a qu’un impératif écrire et composer pendant 5 mois.

Odezenne avec un petit air d'orange mécanique pour Subland

L’affiche du film aux airs d’Orange Mécanique. ©DublinFilms

Le terme d' »immersion » ne serait pas exagéré pour qualifier le tournage. En effet, lors de la projection, Alix (l’un des chanteurs) nous a avoué avoir été dans le même lycée que le réalisateur — Noël Magis — et n’a donc pas été gêné par la caméra. Cela se ressent particulièrement dont la façon qu’ont les membres de regarder — ou pas — la caméra le plus naturellement du monde, de raconter des anecdotes assez personnelles ou de ne pas chercher à se censurer pour faire bonne image (les protagonistes n’hésitent pas à se laisser filmer ivres par exemple). Cela donne une certaine authenticité au film assez unique.

Subland ne comporte pas de révélation majeure sur le groupe mais on appréciera quand même voir Alix gueuler sur les ondes d’une radio indépendante pour réclamer son droit à passer sur une radio nationale, Mattia confesser qu’il a toujours peur que les 2 chanteurs n’aiment pas ses instrus et Jaco chercher de l’inspiration grâce à un Scrabble allemand.

Un de mes regrets est que le montage du Subland n’est pas chronologique. On enchaine enregistrement de Dolziger Str. 2 et tournage du clip de Rien… Pour un fan ça déstabilise un peu. De la même façon on est un peu frustré de ne pas voir le projet se construire de A à Z mais seulement les étapes marquantes. Mais ce ne sont que des détails qui ne changent pas grand chose à la joie un peu bête du fan de voir un groupe réussir à remplir l’Olympia.

Finalement Subland vaut le détour. Si vous le voyez sur la grille de programme TV7 (la chaine locale) n’hésitez pas une seule seconde à le regarder ne serait-ce que par curiosité. En attendant vous pouvez toujours regarder un extrait assez représentatif du documentaire.

Subland, réalisé par Noel Magis pour DublinFilms, bientôt disponible sur TV7.

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