Le 30 mars marquera la fin du titre de presse basé sur le développement durable TerraEco. Ce “double média” français qui rassemblait le magazine mensuel TerraEco et le quotidien web terraeco.net n’a pas survécu après un redressement judiciaire en juillet dernier. Et la suite logique, c’est la liquidation.

TerraEco, une autre approche de l’actu

Couverture (rognée) de Terraeco

Couverture (rognée) de Terraeco

Fondé en 2004 à Nantes, la fin de l’écriture sociale, économique et environnementale de TerraEco marque aussi la fin d’une histoire de journalisme citoyen. Les quelques 15 journalistes permanents du magazine et du site web avaient pour objectif de démocratiser l’information environnementale et humaniste. Tout en restant engagé, cette vulgarisation se traduisait par une approche de l’économie moins complexe que celle reprise par la majeure partie de la presse spécialisée.

Le titre de presse était respecté dans le milieu malgré une ligne éditoriale provocatrice et incisive. En mars 2015, le magazine titrait : « Ecologie, pourquoi tout le monde s’en fout ».

Une lecture accessible, des papiers pertinents et modernes, les fondations de TerraEco viendront vite à manquer dans le paysage médiatique français.

… avec des difficultés économiques

Avec une publication mensuelle en kiosque et une quotidienne sur internet, le modèle bimédia choisit par la rédaction n’a pas fait mouche. Ou peut-être est-ce cette ténacité de la rédaction à garder une indépendance, moins importante pour les grands quotidiens ? Le groupe avait déjà eu recours à une grande opération de sauvetage portée par une mobilisation des lecteurs, il y a 2 ans. En tout cas, c’est maintenant 20 000 abonnés et autant de lecteurs mensuels qui se retrouvent sans lecture, puisque le numéro de mars ne paraîtra pas.

Alors que les grands investisseurs se pressent pour racheter le magazine de cinéma Premiere, le domaine du développement durable n’est pas attractif financièrement. Parmi les anciens actionnaires de TerraEco, on retrouve Xavier Niel, co-propriétaire du groupe Le Monde, qui n’a pas souhaité réinvestir.

On ne peut que tirer son chapeau devant les tentatives du journal pour avoir garder la tête hors de l’eau aussi longtemps. David Solon, directeur de la rédaction et Walter Bouvais, directeur de la publication, ne peuvent plus rien faire après des semaines de négociations. « Malgré d’innombrables retournements de situation au cours de ces longues années, nous n’avons pu inverser la tendance. Tristesse. » écrivent-ils sur terraeco.net en guise d’adieux.

La fameuse “crise de la presse” qui a d’abord touché les grands quotidiens d’actualité commence donc à se répandre. Et tandis que les grands, comme Libération ou Le Monde, sont maintenus à flots par des investisseurs motivés à maintenir un « pluralisme » d’opinions dans la presse, les petits sont vite oubliés.

A propos de l'auteur

19 ans, étudiant en seconde année de Licence Infocom et se dirigeant vers la presse écrite. Je m'intéresse à l'actu politique et géopolitique, à l'économie et aux grands conflits. Mais je parle aussi ciné, musique et surtout : séries !

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