C’est dans quelques jours que seront appliqués les arrêtés du 31/12/15 et du 03/01/16 du Conseil Supérieur de l’Éducation dans les collèges. Ces arrêtés indiquent la route que l’éducation devrait prendre en France. Ici il s’agit de l’atténuation de l’importance de l’évaluation par notation pour privilégier l’évaluation des compétences.

Carte mentale de la réforme des collèges

Carte mentale synthétique de la réforme des collèges ©@RefDuCollegeFr

La réforme des collèges en diagonale

D’abord, le DNB (Diplôme National du Brevet) va être revu. Le barème sera sur 700 points avec 400 points alloués au contrôle continu sur la 5ème, la 4ème et la 3ème. La nouvelle notation au contrôle continu du brevet permettra une obtention du brevet bien plus aisée. En effet, pour chaque domaine, un élève se verra attribuer des points selon que sa maitrise soit insuffisante (10 points), fragile (20 points), satisfaisante (40 points) ou excellente (50 points). Ainsi, un élève ne peut obtenir que 80 points au minimum à la fin du cycle sur les 350 nécessaires (soit près du quart). Une maitrise “satisfaisante” dans toutes les matières, quant à elle, permettra à elle seule l’obtention du brevet.

Le reste des points est partagé en trois épreuves dont une orale. Au final, les épreuves écrites ne représenteront plus que 200 points où seront distingués d’une part les matières scientifiques (mathématiques et 2 matières parmi physique-chimie, SVT et technologie) et de l’autre les matières plus littéraires (français, histoire).

L’histoire des arts, en tant que telle, disparaît au profit d’une épreuve orale sur 100 points. Celle-ci porte sur un projet mené par l’élève “dans le cadre des enseignements pratiques interdisciplinaires ou sur un des parcours éducatifs”. Le candidat pourra donc toujours parler d’une œuvre d’art.

Ensuite, les langues étrangères ont été affectées par cette réforme des collèges. Le Latin et le Grec sont maintenus, mais la section Européenne disparaît. Mise en place par Jack Lang en 1992, elle est aujourd’hui jugée trop élitiste. Cependant, les élèves auront dorénavant une nouvelle langue dès la 5ème (soit 1 an plus tôt). Le nombre d’heures attribué à la seconde langue sur les 4 années reste inchangé.

Enfin, l’emploi du temps d’un élève lambda devrait s’alléger de 6h par semaine et des enseignements transversaux (EPI) vont être enseignés 2h par semaine. Ceux-ci ont pour but d’enseigner plusieurs matières à la fois au travers de cas concrets. L’Education Nationale donne comme exemple “La Caricature : Procédés, sens, résonances.”, convoquant à la fois Arts Plastiques, Français et Education Musicale.

Avant - Après

Avant – Après

Quelques questions

  • La disparition des notes dans les collèges est-elle réellement une bonne chose ?

A en juger par le texte de réforme, si les notes disparaissent, le système actuel d’orientation devra s’adapter, les lycées ne pouvant plus juger les élèves comme à leur habitude. Cela risquerait aussi de bousculer les futurs élèves concernés par la réforme lorsqu’ils passeront en 2nde et reprendront le système de note.

C’est surtout la volonté d’éviter aux élèves le stress des notes qui a été à l’origine de cette pluralité des moyens d’évaluation, c’est un point positif. Il reste donc à voir l’incidence qu’aura la réforme sur les élèves concernés. On rappelle à titre indicatif que 75% des élèves sont angoissés quant à leurs notes.

  • Pourquoi supprimer la section européenne ?

Elle disparaît parce qu’elle serait jugée trop élitiste. Donc en la supprimant, on harmonise le parcours scolaire d’un collégien, m’voyez ? Les « élites » ne pourront plus profiter d’un apprentissage approfondi d’une langue. A vouloir rendre l’enseignement égalitaire, cette réforme, au lieu de ramener les élèves en difficulté vers le haut, fera plafonner les meilleurs. Et pourquoi ne pas juste les rendre plus accessibles ? En ouvrir plus ? Alors le mieux… qu’est-ce que c’est ? Égalité… ou équité ?

Mais il en va de même pour d’autres options comme “théâtre” ou “médias” (elles remplacées par les EPI). Interrogée à ce propos, une professeure d’histoire a bien voulu nous répondre : « L’option media prend fin en tant que telle avec la réforme. C’est tant mieux: étendons à tous les élèves des projets qui ne concernaient qu’une minorité.. ».


Pour en savoir plus :

Laisser un commentaire