Du 16 au 17 septembre prochain se déroulera le festival de rock psychédélique Lévitation à Angers. On y retrouvera notamment différents artistes de la scène psychédélique et garage actuelle, j’ai nommé : le groupe culte Thee Oh Sees, mais aussi les français The Liminanas et bien entendu le groupe La Femme qui sort son nouvel album Mystère aujourd’hui.

Le quintette français fut déjà présent au festival en 2014 après la sortie de leur premier album Psycho Tropical Berlin en 2013. Album qui remporta un franc succès grâce ses sons tantôt surf-rock désinvoltes tantôt psyché-électro ancré dans les eighties. Le tout est chanté en français par les différents membres du groupe.

Avec Mystère, on peut dire que La Femme mérite de nouveau sa place parmi les groupes de ce festival. Ce nouvel album dans la même veine que le précédent permet au groupe de réaffirmer leur style tout en proposant de nouvelles sonorités et ainsi ouvrir le rock français vers de nouveaux horizons.

L’album, frisant comme le précédant avec l’album-concept, est bien évidemment à écouter dans son intégralité, le groupe ayant fait des efforts pour immerger l’auditeur dans l’univers de La Femme. Néanmoins, je vais m’attacher dans cet article à présenter les titres qui sont, selon moi, les plus intéressants, les plus novateurs, ou tout simplement ceux qui m’ont le plus marqués lors de mon écoute.

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La pochette de Mystère, un sexe féminin dissimulé

Sphynx

Première piste de l’album, premier single et premier clip de l’album dévoilé par le groupe en mars : le Sphynx est électrique et synthétique. La voix aérienne portant le texte poétique et psychédélique qui propose de “danser sous acide” ainsi que le synthé inarrêtable plongent instantanément l’auditeur dans l’univers de l’album. Le début d’un trip de 73 minutes très exactement.

Le vide est ton nouveau prénom

Deuxième piste de l’album qui contraste non seulement avec la précédente mais aussi avec le reste de l’œuvre du groupe. Le vide est ton nouveau prénom est en effet une ballade acoustique à la guitare, voix et contrebasse. Narrant la fin d’une histoire d’amour visiblement, cette piste apporte de la fraicheur et une certaine mélancolie sur un album proposant presque exclusivement des sonorités électrique. A écouter donc.

Où va le monde

Troisième piste, deuxième single et deuxième clip de l’album sorti en juin, Où va le monde est une ballade elle aussi mais dans une veine plus surf-rock à l’image de Sur La Planche 2013 dans le premier album, par exemple. Un single simple, sans prise de tête, avec une mélodie entêtante. Pas la chanson la plus originale de l’album mais le rythme est entrainant, Où va le monde et ses airs rétro ont en tout cas bien leur place dans ce Mystère.

Tatiana

Sûrement une de mes chansons préférées de MystèreTatiana s’inscrit elle aussi dans la continuité de l’album précédent : du rock énergique et désinvolte sur 2 accords, des envolées d’orgues terribles et une histoire de fille. On pense ici évidemment à Nous étions deux. Mais pour moi Tatiana apparait comme une version “plus” du titre précédent. Tout devient plus vite plus fort, plus violent, plus entêtant, avec de meilleurs solo d’orgue et de synthé. Tatiana donne vraiment envie de se déchainer et de danser.

Le temps d’une transition vocale de 21 secondes nommée Conversations nocturnes nous plongeant dans le quotidien du groupe, apparait la chanson suivante SSD.

SSD

Un coté très rétro année 80 dans SSD nous fait penser à des groupes français comme Taxi Girl. SSD nous plonge instantanément dans un Paris nocturne à travers le (bad-?)trip du protagoniste qui ère en blouson de cuir noir entre pipi, vomi et pute qui lui parle. SSD vaut la peine d’être écoutée pour l’ambiance et le côté un peu malsain et gênant qu’elle produit.

Al Warda

Un des titres les plus poétiques et mystérieux de l’album, chanté à la fois en français et en arabe, le sens de cette chanson m’échappe complètement. Et c’est très bien comme ça. On se laisse porter par les sonorités nouvelles qu’apporte le groupe. On entend ces percussions si particulières, ces nappes de violons arabisant, ce solo de clarinette basse rappelant celui de Noir Désir dans Le vent nous portera. Ce titre est définitivement l’un de ceux qui nous transportent le plus de l’album.

Le Chemin

Avant dernier titre de Mystère, l’album, depuis Al Warda, devient de plus en plus psychédélique et poétique. Preuve avec Le Chemin qui laisse place aussi à des instrument plus exotiques et surprenant sur un disque français du XXIème siècle. C’est maintenant l’heure des percussions ainsi que d’un solo de violon exotique, ajoutées à un vibraphone qui accompagne la voix. Difficile à décrire, cet avant dernier titre est bien plus facile à écouter : je vous en laisse le soin.

 

On arrive maintenant sur le dernier titre qui fait la durée inhabituelle de 17 minutes et 39 secondes.

Vagues

Véritable coup de poker sur un album de musique française moderne, Vagues s’impose comme l’une des chansons les plus osées de ces 50 dernières années, du moins pour un public de non avertis. Une voix planante, la mer en overdub, un break de batterie, un solo de guitare wah-wah mémorable le tout sur une même piste. A la croisée entre Echoes de Pink Floyd et Maggot Brain de Funkadelic, le tout en français pour le plaisir de nos oreilles si peu habituées à entendre du rock psychédélique de telle qualité. On en vient même à regretter qu’il n’y en ait pas plus de pareilles sur l’album. Vagues se termine sur un extrait énigmatique et électronique en anglais qui contraste avec le reste de la piste : mystère.
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Conclusion ?

Avec ce nouvel album, La Femme pose définitivement les bases du style qui leur est propre sans pour autant tomber dans la répétition et la facilité. Certains titre nous rappellent évidemment le premier album mais c’est justement avec la joie de retrouver une ambiance et une énergie. Quant aux titres plus novateurs, il s’agit soit d’une mélodie plaisante ou de sonorités dans la musique de La Femme, si ce n’est les deux en même temps. Néanmoins, selon moi, quelques titres font défaut et parfois un peu “tache” par rapport à la qualité de la production qui les entoure. Ce sont généralement ceux que je n’ai pas cité dans cet article. Mais je laisse évidemment à vous le soin d’en juger et d’établir votre propre avis sur cet album, qui est, je pense, d’une grande qualité.

Quoiqu’il en soit, La Femme s’impose définitivement sur la scène rock française, et bientôt peut-être internationale, accompagnant les Red Hot Chili Peppers en première partie de leur tournée. Vous pouvez dès septembre assister à de nombreux concerts de La Femme partout en France et en Belgique.

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