Du 8 au 11 septembre dernier à Bordeaux se déroulait l’Ocean Climax Festival 2016. Organisé comme l’année précédente sur le site de la Caserne Niel (Darwin), le festival proposait de nouveau des expos, concerts et conférences avec pour ligne directrice l’écologie, le réchauffement climatique et surtout le besoin de sensibiliser les foules aux enjeux du développement durable (cf vos cours de géographie lycéens). N’ayant malheureusement pu assister qu’à l’avant dernier jour du festival, cet article sera centré sur les concerts qui s’y sont enchaînés de 19h à 1h30 du matin.

Ocean ClimaxPourquoi et comment : l’Ocean Climax, l’organisation d’un festival écolo ?

Les motivations des organisateurs du festival sont exposées sur le site de l’Ocean Climax. A travers une lettre ouverte à l’humanité, celles-ci se regroupent sous le nom de « l’alerte de Darwin ». En effet, une des évidences mise en exergue par le biologiste Charles Darwin est que la majorité des espèces naissent et meurent au cours des temps biologiques. Or l’Homme est une espèce, l’humanité a donc elle aussi ses chances de disparaître. Ergo. Pourtant, contrairement aux espèces disparues, comme les dinosaures, nous sommes capables d’en prendre conscience et de retarder notre disparition. Il apparaît alors que l’un des principaux dangers pour l’humanité est le réchauffement climatique qu’elle a elle-même causé et les conséquences qui en découlent. Si des efforts sont faits au travers de l’organisation de sommets mondiaux comme la COP 21, cela ne reste pas suffisant. Ce n’est pas à nos dirigeants de prendre les décisions mais à nous. Le festival s’impose donc comme un moyen de drainer les foules afin de sensibiliser la population. De plus, on notera que le festival avait cette année pour parrain Edgar Morin, l’un des représentants de cette thèse. Son discours est d’ailleurs accessible gratuitement sur YouTube.

Et en pratique ?

Cependant, le festival  tend-il vraiment vers une approche écologique des festivités ?  Pour ce qui est de l’organisation l’Ocean Climax assure que la nourriture ainsi que les boisons sont issus d’une agriculture locale, biologique et éco-responsable. Il vous faudra environ 8 euros pour vous nourrir et 6,5 euros pour vous abreuver (du moins, pour ce qui est de la bière). Rien de vraiment excessif, bien moins cher que le prétendu bio des supermarchés. Ici, pas de toilettes à l’étrange liquide bleu, mais des toilettes sèches, à copeaux. Mis à part ces quelques éléments, la portée écologique est assez peu visible sur le site lui-même. Il fallait pour vraiment le percevoir assister aux nombreuses conférences (même si, sans aucun doute, la musique a plus massivement attiré les foules).

Et les concerts dans tout ça ?

La soirée du samedi, musicalement parlant, a débuté avec le set de Cliché, suivi de près par John and the Volta, Grand Blanc, Air, J.C. Satàn, De La Soul, FKJ et finalement Cassius. L’organisation a été plus que bien rodée. Les concerts se sont déroulés en une légère danse. Le public allait et venait entre chaque scène. Les concerts ont débuté à l’heure, avec l’exact temps nécessaire au trajet. Un bonheur.

De La Soul

Dans le désordre chronologique on a pu retrouver de De La Soul. Le groupe était présent pour la promotion de leur dernier album : And The Anonymous Nobody. Les années sont passées, le temps a filé, mais le groupe est resté en forme pour assurer un live vivant, à grands renforts de hip hop east coast. Osons avancer que beaucoup auraient sans doute aimer entendre un peu plus de « classiques », extraits de l’album 3 Feet High and Rising par exemple. Rien de décevant pour autant, au contraire !

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Air

En revanche, quand, à la tombée de la nuit, est arrivé le tour de Air, ce fut l’instant nostalgie pour beaucoup. J.B. Dunckel et Nicolas Godin (sans oublier leurs accompagnateurs) ont en effet repris leurs plus grands succès. De La Femme d’Argent à Sexy Boy, en passant par Kelly Watch The Stars, les anciens albums ont envoûté le public. Cette nostalgie trouve également son écho dans la série-documentaire Touche Française. Celle-ci consacre en effet un épisode au duo versaillais. Ce songe d’une nuit d’été était donc musical mais aussi lumineux grâce aux lumières qui ont coloré la nuit. Seul regret : une version seulement instrumentale de Playground Love, célèbre bande son du film de Sofia Coppola Virgin Suicides. Alors oui, c’était beau, mais les paroles n’auraient pas été de trop, on ne se lasse pas de la voix d’ange de J.B.

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J.C. Satàn

Lorsque du son fort et quelque peu saturé s’est fait entendre, on a su que le temps était venu de nous déplacer vers la scène où officiaient J.C. SatànPour les fidèles lecteurs d’Underlined, ce nom ne devrait pas être inconnu, puisque nous vantions déjà leurs mérites ici. Ici rien de remarquable, le show étant assez similaire, mais toujours aussi agréable, que la dernière fois.

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Temples

Puisque qu’il n’est pas question de description chronologique, un retour sur Temples s’impose. Les quatre garçons aux beaux cheveux longs ont dû en enchanter plus d’un. Dans un style tournant autour du psychédélisme et du néo-psychédélisme teinté de quelques touches électroniques, la voix résonnante et haut perchée de James Bagshaw (chant/guitare), l’atmosphère était aussi aérienne, jouissive et hypnotisante. Par ce terme, je me permets un petit clin d’oeil à l’un de mes titres favori : Mesmerise (« hypnotiser » en anglais »). Last but not least, Temples vient de sortir un nouveau single, Certainty, que nous avons eu le plaisir de découvrir en live.

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Cassius

La soirée s’est finalement terminée sur le set de Cassius. Un petit malin a trouvé judicieux d’installer les deux musiciens en haut d’un volcan lumineux. Les « moins d’1m70 » n’ont pas eu l’occasion de les voir. Musicalement, Cassius n’a pas décroché de sa ligne éléctro-house, histoire de clore la soirée face à une foule dansante. Visuellement, on a frôlé la crise d’épilepsie. Un écran couvrant l’arrière de la scène aux motifs mouvants couplé à un volcan dégoulinant de lave verte et électronique, sur lesquels se découpaient une tête chauve et une autre chevelue. Plus personne n’a pu détourner son regard de la scène.

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Notre bilan

Un lieu bondé, des stands, des toilettes alignées, des têtes d’affiche… l’Ocean Climax a tout d’un grand festival. Le principe de mêler conférences, compétitions de skate et concerts en fait un festival plutôt hors norme si on le compare au reste du paysage festivalier français. Les motivations de l’événement sont plus que louables, mais le public est-il vraiment présent en n’ayant que la préservation d’un monde déjà dévasté en tête ?

 

Article écrit à 4 mains par Vincent Le Bras et Camille Galy 

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