La semaine dernière avait lieu le vernissage de l’exposition “Mickey By Glénat” à la Galerie Glénat. Il s’agit d’une exposition-vente de planches originales des 4 albums tirés de la collection du même nom. Là-bas, nous avons pu rencontrer Tébo. C’est en effet à l’auteur de Samson et Néon que l’on a confié la souris la plus célèbre de la bande-dessinée. 

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Dans La Jeunesse de Mickey, Tébo met en scène un Mickey vieillissant, racontant à son petit fils Norbert toutes les aventures qu’il a vécues dans sa jeunesse. Un album d’aventures au rythme entraînant, appuyé par un dessin cartoon très drôle, marque de fabrique du dessinateur. Tébo nous explique la genèse du projet.

La genèse

Jacques Glénat est avant tout un gros collectionneur de Mickey. Il adore le personnage et a vraiment voulu lui rendre hommage en tant que fan. Pour obtenir les droits, il est allé voir Hachette avec sa pile de BDs Mickey sous le bras, comme un enfant. Quand il me parlait du projet, on se serait cru dans une cour de récré ! On était loin de l’éditeur qui veut s’en mettre plein les fouilles. Il m’a pas dit “fais un Mickey !”, il m’a vraiment laissé le choix sur ce que je voulais adapter.

Tébo s’est donc lancé dans l’aventure. Il a d’abord voulu faire faire un « Mickey Mad Max ». Mais en écrivant, il s’est rendu compte qu’il était un grand fan des aventures du Mickey des années 1928-1930. Il a donc emmené Mickey dans des aventures jamais vues alors dans les kiosques : au Far West, pendant la Prohibition, pendant l’Esclavage, à la Première Guerre mondiale, … Tébo aurait même voulu aborder la Crise de 1929, mais par manque de temps et d’énergie, les 7 histoires écrites ont été réduites au nombre de 5. Pas un souci, c’est son acolyte Loisel qui s’en chargera dans Mickey : Café Zombo, autre album de la série.

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Le projet

Les planches originales exposées nous laissent entrevoir tout le génie graphique du dessin de Tébo. Notamment ces doubles pages magnifiques, où Tébo s’amuse à décomposer le mouvement de l’action, comme un storyboard de dessin animé. Son trait vif et dynamique est dans la lignée de la ligne claire (sans pléonasme). Les personnages y sont expressifs et les narrations alternées bien menées. Mickey se révèle être moins lisse que d’habitude : il tronque sa politesse habituelle pour se révéler être parfois cruel. Turbulent, lourd, parfois grossier, à la fois ange et démon, l’hommage au Mickey impertinent des années 20-30 est réussi. Cependant celui-ci a aussi connu quelques limites :

Au début, j’ai eu carte blanche pour l’histoire, le nombre de pages, le format, les personnages… Je pouvais en faire ce que je voulais. On m’a quand même fait comprendre ensuite que Disney surveillait ce que je faisais. Je n’ai pas pu mettre ni de pipi, ni de caca, ni de zizis !

Planche d'un combat de Mickey dessinée par Tébo

Planche originale de Tébo (affichée à Galerie Glénat)

Peu d’humour scatologique donc, dommage, Tébo le maîtrise si bien… Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que le dessinateur de Captain Biceps a quand même mis 18 mois à finir son album et ce à raison de 10-14h de travail, 6 jours sur 7. Le plus long a été de réussir à trouver son Mickey. Tébo a effectivement mis 2 mois à s’approprier à sa façon la souris créée par Walt Disney. Un honneur pour le dessinateur caennais, qui imagine la reprise d’un nouveau personnage à l’avenir :

J’ai déjà fait les aventures du slip de Tintin dans l’Atelier Mastodonte. J’ai collé Astérix un peu partout… Si je dois reprendre de nouveau un personnage, ce serait un Mickey ou un Spirou.

Tébo, descendant de Gotlib ?

Pas de septième tome de Captain Biceps en vue donc… Bien dommage, surtout quand on sait que (feu) Marcel Gotlib aimait beaucoup les aventures loufoques du super-héros aux moulants collants rouges. Tébo nous parle d’ailleurs de l’homme qu’il considère comme son maître de la bande-dessinée.

J’ai découvert à l’âge de 10 ans les super-héros, ce qui m’a donné envie de faire de la BD, et un peu après les Rubriques à brac, qui m’ont donné envie de faire de l’humour. Mes techniques de dessin et notamment mon encrage à la plume, je le dois à Gotlib.

Captain Biceps, le personnage phare de Tébo VS Superdupont, le personnage emblématique de Gotlib

Tébo nous parle fièrement de ses originaux de Gotlib accrochés aux murs de son atelier, ses yeux pétillent et le dessinateur dégage un plaisir enfantin communicatif.

J’ai pu collaborer avec lui pour une planche mettant en scène Captain Biceps VS Superdupont. On a du bol que le petit fils de Gotlib soit ultra fan de Biceps. Grâce à Zep, je l’ai rencontré, on est allés chez lui et on a discuté. Cela faisait 20 ans qu’il n’avait pas touché un crayon pour une bande-dessinée. T’imagines l’honneur qu’il les reprenne pour une de mes BDs !

En attendant ce sont bien les dessins de Tébo qui sont accrochés aux murs de la pièce où nous nous trouvons. Des planches originales n’attendant qu’un acheteur pour vivre une seconde vie. Et vous êtes peut-être ce futur collectionneur, même si il vous faudra avoir un porte-monnaie bien rempli ! En attendant vous pouvez toujours aller visiter librement la galerie, et ce jusqu’au 15 janvier. Vous y observerez également des originaux de Nicolas Kéramidas, Loisel et Cosey. Crayonnés, planches encrées, dessins préparatoires, croquis ou aquarelles, il y en a pour tous les goûts !

Et si vous n’êtes pas sur Paris, filez acheter à votre petit frère/petite soeur La Jeunesse de Mickey, ou même à votre grand-père qui a gardé son âme d’enfant. Une BD intergénérationnelle qui attend chaudement sa place sous le sapin de Noël !

Merci à Guillaume Soubeyran pour les photos

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