Valérian et la Cité des milles planètes, le film de Luc Besson – qu’on ne présente plus – se devait d’être un chef d’oeuvre et a échoué à cette tâche. Accumulant ainsi les défauts et ce malgré un début tout à fait prenant qui laissait présager du meilleur. Le film s’est essoufflé, comme les spectateurs d’ailleurs qui sont sortis de la salle sans un mot.

Critique sans spoil

L’HISTOIRE

On pouvait attendre de Luc Besson une histoire maîtrisée, un parfait hommage à l’oeuvre originale dont on sait, à travers de nombreux témoignages de sa part, qu’il est un grand fan. Que nenni ! Il n’en est rien. Le titre en est la preuve la plus flagrante. “La cité des mille planètes” se veut une référence à “L’Empire des mille planètes”. Pourtant il ne reprend aucun aspect mais s’enrichit plutôt de L’ambassadeur des Ombres sans pour autant copier sa trame.

Laureline, jouée par Cara Delevingne, n’a pas ses habituels cheveux roux – ils sont décolorés – pour le plus grand plaisir de personne sauf peut-être de l’actrice elle-même. Les autres personnages appartenant à l’univers de Christin et Mézières sont fidèles à eux même… sauf lorsque Besson les maltraite en en donnant une interprétation erronée. Par exemple, les Marmakas, sont une espèce originalement radioactive mais très bonne psychologue. Elle se retrouve ici transformée en « Poulong », fermier aquatiques. Quelle utilité ? Aucune puisqu’on ne les revoit pas après.

Comment rater un hommage

Si les fans de la première heure n’ont vu qu’un amas d’incompréhensions, pouvait-on espérer un film digeste pour le reste des spectateurs ? C’était visiblement trop espérer. Entre des jeux de séductions lourds, des personnages principaux trop simplets et sans profondeur, une histoire prévisible et souvent mal amenée par des péripéties et des obstacles attendus pour un tel film, le spectateur s’ennuie. Bien sûr, quelques passages viennent donner des rondeurs agréables au tout. Mais ces quelques secondes ne suffisent pas à combler le manque qui se ressent durant les 135 autres minutes.

D’ailleurs, où étaient les voyages temporels ?

ACTEURS

Monsieur Besson a un casting prestigieux pour son film. Dane Dehaan (jouant dans Spiderman entre autre) est Valérian, Cara Delevingne (mannequin) est Laureline, Rihanna (qu’on ne présente plus) est une gelée, Bubble, qui se dandine. Quelques autres acteurs et mannequins connus sont présent en rôles anecdotiques. S’il s’agissait d’un coup de com’ destiné à attirer plus de spectateurs, il est réussit, s’il s’agissait d’un choix artistique délibéré et voulu, alors il est raté.

© 2016 VALERIAN SAS – TF1 FILMS PRODUCTION

Car aucun acteur ne convainc réellement,  Valérian est un crooner frêle et fragile à qui les sempiternelles cernes de Dehaan ne rendent pas hommage. Laureline, entre deux “coucou” nonchalant nous gratifie d’un sourire et d’un regard mauvais, seules expressions faciales que son interprète semble connaître, et Bubble perd toute crédibilité, le côté tragique de son histoire va même jusqu’à être balayée par le jeu statique et mou, presque gêné de Rihanna.

Laureline disant coucou, Valérian étant jaloux (© IMDb)

Laureline disant coucou, Valérian étant jaloux (IMDb)

Ce sont les personnages modélisés qui sont les plus convaincants. Plus gracieux et plus intéressants que leurs homologues humains, ils arrivent à captiver l’attention du spectateur et font cache misère – même si Besson a réussi à rater les Shingouz, leur donnant un jeu pathétique et littéralement antipathique. Bref, on a affaire ici à un cache misère.

RÉALISATION ET MUSIQUE

C’est le seul point positif que l’on pourrait attribuer au film. La réalisation est parfaite et millimétrée, les couleurs sont impeccables et les plans grandioses et attrayants, contenant d’ailleurs (cf capture), quelques plans hommages.

Besson fait voyager, il offre aux yeux un monde idyllique et de belles explosions, des quartiers étranges, de petits univers dans un univers. C’est un bel hommage au space-opéra. Mais voilà, le tout se repose trop sur ces effets spéciaux, si bien que certains passages en deviennent ridicules, comme lors du “saut” que l’on peut voir sur tous les trailers dans lequel Valérian et Laureline ont l’air de jouer à la corde à sauter.

Un manque de grâce total (tiré du trailer)

Ce travail gigantesque est malheureusement gâché par des musiques légères, peu présentes, sans réelle empreinte. La seule qui marquera le spectateur se trouve être la musique promotionnelle A Million on My Soul.


 

Quelques images de l’exposition Valérian et la cité des milles planètes d’Angoulême sont disponibles dans notre vidéo souvenir du FIBD:

Valérian et la Cité des mille planètes, un échec cosmique
Avec un tel budget, "Valérian et la cité des mille planètes" aurait du être un film marquant les esprits comme étant un chef d'oeuvre absolu. Il est loin d'accomplir sa tâche.
Histoire1.5
Acteurs2
Réalisation et musique5.5
3sur 10

2 Réponses

  1. uneboob

    C’est vrai que VALÉRIAN ET LA CITÉ DES MILLE PLANÈTES a déçu un bon nombre de spectateurs qu’ils soient avertis ou pas du tout d’ailleurs. Tout ça manquait d’émotion, je pense à Bubble ou à la scène finale. Les musiques ne s’arrêtent jamais, il n’y a pas un silence (en réalité si, je l’ai chronométré 8 secondes environ). Pourtant, un silence vaut parfois mille fois plus qu’une musique dite « triste ». Très bonne critique de la part d’Antoine. Je pose mon like !

    Répondre
    • Antoine
      Antoine

      Hello !
      Ton commentaire reflète l’impression que me laisse toujours ce film deux mois après sa sortie, tes deux exemples sont très pertinents, surtout pour cette (ce ?) pauvre Bubble, dont l’histoire est tout simplement tragique, la traite de sa planète, l’esclavage… Quant aux musiques, n’en parlons pas, elles sont peu recherchées, sauf peut-être pour Space Oddity (même si j’ai l’impression que Besson a juste recherché « Space » sur Spotify), et étouffent l’ambiance et les sentiments véhiculés…
      Dans tous les cas, merci pour ton retour, je vais m’efforcer de produire des articles toujours meilleurs !

      Répondre

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