Pour la deuxième année consécutive, Underlined a envoyé ses sbires couvrir le festival Climax. Pour sa troisième édition, l’évènement a réuni près de 33 000 festivaliers, avec 35 artistes et 35 conférenciers sur 4 jours. Les concerts ont quelque peu migré: toujours sur la rive droite de Bordeaux, ils ont cette année posé leurs valises au creux du Parc Palmer. Pour les amis du pont de pierre, que l’on se rassure, les conférences sont restées à Darwin.

Le jeudi de Camille et Vincent

Le festival, comme l’année précédente, se veut éco-responsable. Les conférences sont là en nombre conséquent dans le but de sensibiliser le public au respect de notre planète. Cette année, le thème de la consommation de viande est revenu fréquemment et le festival nous a proposé une nourriture totalement vegan.

Le festival a par exemple projeté le documentaire Cowspiracy (aussi disponible en streaming), oeuvre d’un jeune homme en lutte contre l’industrie animalière aux Etats-Unis. Des bouchers sont même venus expliquer en quoi notre consommation de viande était excessive et décadente. Aucun produit de provenance animalière pour les festivaliers. Le peu que j’en ai goûté était très réussi : galettes de légumes et semoule, salades ou encore gâteau.

Le thème du festival est dès la première soirée gravé dans le marbre. Le festival laissera derrière lui le moins d’empreinte écologique possible. Il vaut mieux à l’inverse marquer les esprits côté musical.

Pour notre première nuit au festival, nous avons été ballottés dans la foule et la brume. Le son grésille et le public commence à arriver aux alentours de 20h30. Avant cela, nous avons eu le plaisir de découvrir Moloch/Monolyth, un groupe bordelais qui gagnerait à se faire connaître. Entre de douces chansons pop assez intimistes, le groupe interpose des morceaux puissants, tout le monde donnant de sa voix. Si les morceaux se terminent dans le chaos (dans le bon sens du terme !), la prestation du groupe est un régal.

C’est maintenant au tour de Part Company. Les arrivants découvrent les alentours, un peu déboussolés car arrachés au bitume graveleux de Darwin pour cette année. Le Parc Palmer est un emplacement bien choisi : on se déplace facilement, sans bousculade, dans un endroit aéré et vert. Les mouvements de foule se font cependant ressentir à l’approche de l’entrée en scène de Pete Doherty.

Parlons de lui : sans doute ivre sur scène – loin d’être sobre en tout cas – le voilà hurlant dans un micro accompagné d’une violoniste (désaccordée ?) et d’un rappeur, fruit d’un mauvais croisement entre Kanye West et Cortex. Le concert est à cheval entre la gêne et la désagréable sensation qu’on nous enfonce l’archer du violon au centre du tympan. Le rappeur s’époumone sans rythme. C’est dommage, le mélange rock/pop/rap inhabituel aurait pu donner quelque chose de vraiment intéressant si seulement il avait été mieux orchestré. Le problème ici est, je crois, le manque de coordination.

©Bonnarme

S’en suit le tour de Charles X, l’étoile montante du hip-hop californien accompagnée par son groupe (batterie et claviers) propose un concert aux sonorités vintage. Loin des standards de production trap du hip-hop actuel, la musique de Charles X s’inscrit dans une esthétique plus funky, tachée de cette soul qui caractérise la musique noire américaine. Les synthétiseurs laissent la place à des claviers rhodes au son daté tandis que Charles X avec ses envolées dans les aigus nous apparaît plus  comme un crooner qu’un rappeur. Malgré le fait qu’il en fasse un peu trop parfois, sa musique apporte un peu de fraîcheur à l’industrie du disque américaine et au festival Climax. Ses morceaux, comme Can You Do It sont interprétés sous les bravos du public.

©Bonnarme

La Femme, enfin, sera notre dernier concert de la soirée. La foule est en liesse, elle hurle à chaque note, même durant les balances. Dès le début du concert, nous sommes bousculés dans tous les sens. Le spectacle est rendu intenable grâce à quelques spectateurs envahissants. Malgré cela, on garde espoir et on réussit à apprécier les tubes (oui oui..) du groupe, qui les enchaîne. De La planche à Nous étions deux en passant étrangement par Mycose : les festivaliers du Climax sont à leur comble, un peu trop même, ce qui nuit au public lui-même.

©Bonnarme


Le vendredi de Gaspard

Une arrivée sur fond d’électro mécanico-romantique et Polo & Pan se trouvent face à un public déjà transporté. La mise en scène est minimale mais audacieuse : par un effet anaglyphe et des lumières colorées le fond oscille entre une forêt aux mystérieuse créatures mi-végétales, mi-animales, mi-minérales. Le duo ne se contente pas de jouer sur scène (la performance étant assez abstraite du point de vue du spectateur) mais a aussi recours à des danseuses. Au nombre de deux, celles-ci bercent le public sur de doux airs de vocoders. Le public (visiblement moins agressif que la veille) se laisse prendre au jeu, dansant d’un pas lancinant. Seule l’arrivée de Jacques le temps d’un solo aura pu briser cette douce langueur.

Polo et Pan, le duo qui a ouvert la journée du vendredi du Climax Festival

Sans une seule minute de répit, Franz Ferdinand investissent l’autre scène. Cette fois-ci le terrain est plat. Dommage la cuvette de la première scène donnait un côté amphithéâtre qui permettait de facilement voir les artistes de loin… En même temps, il faut dire que le public était présent pour le groupe de rock britannique. Plus vieux (mais toujours blanc) le public a cependant dansé sur Take Me Out comme si le morceau était le tube de l’été… 13 ans après.

Retour sur la « scène du bas » : voici Jacques. Le compositeur s’échauffe devant un public déjà surexcité. On entend des « ce mec est un génie » alors que la performance n’a pas encore commencé. Et puis soudain, un récipient en métal, du sel, un micro et le live commence. On assiste à une performance unique, celles qui ne se racontent pas mais se vivent. La performance continue avec des bruits de vaisselles mais aussi de perceuse ou des solos de guitares. Oscillant entre house minimale et techno, le processus créatif est omniprésent et obnubilant. A tel point d’ailleurs que le public ne peut laisser Jacques partir s’offrant 5 minutes de concert supplémentaire.

Jacques au Climax Festival


Le samedi d’Eva

Au programme de la soirée, S-Crew, Morcheeba, Amadou & Mariam, Bon Entendeur ou encore Fakear.

19h15 : C’est à Amadou & Mariam de commencer. Ils sont originaires de Bamako. Et oui, le Dimanche à Bamako c’est bien eux ! Leur duo est touchant; tout le monde est rassemblé dans une ambiance chaleureuse. Petits et grands sont au rendez-vous devant la scène, une bière ou un jus de raisin bio à la main. Qu’on discute ou bien qu’on écoute le concert, la paix règne bel et bien dans cet endroit. Gros point positif en ce qui concerne la disposition de la scène et le choix du lieu aux allures d’amphithéâtre.

Amadou et Maryam au Climax Festival

©Bonnarme

20h05 : le groupe britannique Morcheeba entre sur scène. Skye Edwards se présente avec un look hors du commun, et le show commence. Autour de nous tout le monde est déjà en transe. Lorsque la pluie arrive, les gens s’en fichent, continuent de danser et de chanter. Le concert en devient même presque meilleur.

La fin du concert approche et là, les premières notes de Let’s Dance retentissent.

Quoi ? Une reprise de Bowie ? Fabuleux. Et Morcheeba enflamme la foule.

Morcheeba au Climax Festival

Comme quoi, rien de tel que reprendre un morceau mythique pour finir en beauté.

21h00 : l’heure de manger. Beaucoup de stands nous attendent mais on ne sait pas vraiment où aller. Tous sont végétariens ou vegan, ce qui suscite quelques déceptions autour de nous.

Aussi, on trouve sur le site du festival beaucoup de poubelles qui débordent et des emballages de nourriture par terre. Le staff est débordé et personnes ne peut s’occuper de les vider. Ce sera un petit bémol pour ce festival très axé sur le respect de la nature et le recyclage.

21h50 : C’est ensuite au tour de S-Crew de se produire. La foule attend et en pleine nuit des flammes monstrueuses jaillissent de la scène. Ils arrivent plus chauds que jamais pour nous faire sauter. Une bonne ambiance règne, même pour ceux qui n’aiment pas leur style. La foule forme un mosh pit à leur demande et même dans la boue on danse.

On réussi à s’extirper de la foule un peu avant la fin pour se préparer à Bon Entendeur.

23h20 : S-Crew n’ayant pas fini leur concert à temps, le duo arrive avec 20 minutes de retard. L’attente se fait longue mais le concert débute enfin, sur quelques paroles de Brel. Les morceaux s’enchaînent dont quelques mix de Donna Summer I Feel Love de New Order, Blue Monday ainsi que leur fameux Le Temps Est Bon d’Isabelle Pierre.

Peu à peu, la pluie arrive et du ciel tombent des cordes, mais tout le monde reste devant les deux jeunes musiciens et leur set.

D’autres s’amusent avec la boue, c’est Garorock 2.0.

Si nous n’avons pas pu rester à temps pour voir Fakear, cette soirée était une des plus musicalement variée du festival. Beaucoup d’artistes ont été surprenants et voir tous ces gens ouverts à ces différents styles rassure sur l’avenir de la musique et de son public.


Comme pour tous nos reports, vous pouviez retrouver notre vécu du festival en live dans notre story Instagram.

© photos : Gaspard (vendredi), Anissa (jeudi et samedi) sauf mention contraire.

© textes : Camille et Vincent (jeudi), Gaspard (vendredi), Eva (samedi).

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