« L’album s’appelle la fête est finie car ça parle un peu d’être à l’aise avec son temps, savoir où se situer, prendre des responsabilités, vieillir… »
Orelsan, interview au Quotiden

Vendredi 21 octobre 2017, Orelsan a sorti officiellement (après une fuite quelques jours avant) son dernier album intitulé La fête est finie. Orelsan nous livre ici une plume sincère et touchante. Plus sombre mais plus vivante encore que dans ses derniers travaux. C’est un véritable carton, en même pas une semaine l’album est déjà disque de platine (comptabilisant 100 000 ventes). Mais qu’est-ce qui peut donc expliquer ce succès ?

Orelsan en ninja devant l'arrêt de bus pour son nouvel album La fête est finie

LA FÊTE EST FINIE

Cet album compte un bon nombre de collaborations. Certains de ces feats (comme celui avec Stromae) sont moins appréciable que d’autres. De la même façon, Zone (avec Nekfeu et Dizzee Rasca) était largement attendu par le public et donc décevant. En revanche Christophe avec Maître Gims est assez lunaire. Orelsan nous parle étonnamment et pour notre plus grand plaisir, de ces artistes blancs qui se sont beaucoup trop appropriés la culture afro. C’est un clash à mourir de rire dans lequel il parodie ces chanteurs.

Mais à côté de ça, la Fête est finie détient une part de mélancolie profonde. Le sarcasme comme à chaque album est toujours aussi présent. L’album s’ouvre sur une fin de soirée puis laisse place à un réveil en douceur dans une plus triste réalité. Il aborde sa vie d’auteur, ses peurs, ses nouvelles envies. Tous les titres ont une âme et nous touchent. Mais certains sont plus forts que d’autres, comme les magnifiques hommages à son couple dans Paradis et Note pour trop tard.

UNE POCHETTE MELANCOLIQUE

L’album s’accompagne d’une pochette qui laisse en deviner toute la mélancolie. Toute la série de photos d’Orelsan vient en fait d’une idée de Greg&Lio (ou de Michael Wolf ?) qui avait voulu faire un court-métrage avec un ninja triste en 2014. Orelsan déclare alors : « en réfléchissant à la pochette je me suis dit que ce serait mortel de reprendre leur idée ». Et ça fonctionne !

D’abord parce qu’elle colle en effet à l’univers de l’album et donc parce qu’elle s’inscrit dans la continuité du travail de l’artiste. On peut en effet y voir une reprise de son mythe du super-héros crée avec Le Chant des Sirène.

ÊTRE UN ARTISTE

Cependant, Orelsan n’hésite pas à évoquer sa vie d’Aurélien, l’artiste sous la combinaison. Ce qui pourrait d’ailleurs expliquer l’absence de Gringe sur l’album. Si cela peut faire rêver, il ne faut pas oublier que le succès a une face cachée. Dans la plupart de ses titres (Zone, Quand est-ce que ça s’arrête), Orelsan aborde cette question. Il nous rappelle que les artistes ont aussi besoin de souffler, voire de s’effacer. Comme dans son Chant des Sirènes, il parle de toute cette pression alors la création, c’est aussi une question de construction et de compréhension de soi. Il faut le temps mais surtout le bon moment.

UNE CONTINUITÉ ASSURÉE

Orelsan a donc choisi de débuter la promotion de l’album avec le clip du morceau Basique. Il représente un travail original et titanesque avec un plan-séquence époustouflant. On pourra encore y voir une référence au passé de l’artiste et en l’occurence au clip d’Inachevé. S’il reste simple dans son orchestration, il n’en est pas moins agréable et impressionnant à regarder. De façon général, cet album semble guidé par l’expérience du rappeur caennais.

Mais si cette critique « basique » de la société est assez proche de certains autres anciens morceaux (notamment Mauvaise idée), elle semble un peu sortie de nulle part au vu du reste de l’album.

On y retrouve par exemple un titre coup de poing : Défaite de famille sans pour autant que l’auditeur soit agressé. Orelsan y prend la parole à un repas de famille pour y révéler son hypocrisie et la lourdeur de ses invités. Une sorte Suicide Social partie 2, destinée à la famille.

QUELQUES COUPS DE COEUR

Mais dans cet album, beaucoup de citations ont aussi de quoi toucher, comme celles du morceau Note pour trop tard :

Orelsan éclaire enfin ce « moment de ta vie où tu peux devenir ce que tu veux, le même moment où c’est le plus dur de savoir ce que tu veux ». Une note adressé à l’adolescence. A la sienne pour trop tard, mais à celle des autres aussi…

Dans un autre registre, Paradis, le morceau dans lequel il déclare sa flamme à sa copine est aussi émouvant… C’est une lettre d’amour, très sensible écrite au passé, au présent et au futur. Encore une fois, le morceau reste centré sur la vie personnelle et familiale de l’artiste.

TOURNER LA PAGE, MAIS NE PAS TOURNER LE DOS, LA FETE SERA JUSTE DIFFERENTE 

La fête est finie, sonne comme coup de foudre. Les textes poignants ont de quoi en conquérir plus d’un. Tellement qu’ils ont de quoi faire oublier des instrumentales pas toujours exceptionnelles. Orelsan, 13 ans après la Fantasy Mixtape a grandi. « La fête est finie », puisqu’Orelsan quitte progressivement sa jeunesse et tourne une page dans sa vie. Malgré sa mélancolie, l’album reste très « optimiste » comme il le dit sur le Quotidien :

« La fête est finie, je le vois un peu comme une question, et peut-être que la réponse est que la fête sera juste différente »

Il parcourt son petit bout de chemin et découvre une nouvelle facette de sa vie, un futur où il se sent plus confiant.

La fête est finie d’Orelsan, disponible sur iTunes et Amazon

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