The City, la nouvelle exploration de Kazy Lambist
77%Note Finale

La sortie d’un nouveau morceau, ou dans ce cas précis d’un nouvel EP, est toujours l’occasion pour un artiste de concrétiser une évolution certaine. Il est touchant d’observer celle de Kazy Lambist, jeune montpelliérain de 25 ans repéré lors du concours des Inrocks Lab 2015.

On You, les prémices

Après quelques années d’expérimentations pop et électronique, publiant régulièrement sur son Soundcloud remixes et morceaux originaux imparables, le jeune homme remporte le concours haut la main. La performance quelque peu maladroite qu’il y donne, à replacer dans son contexte bien sûr, est celle de son tube On You, dont le clip avoisine aujourd’hui le million de vues. Enchaînant les plans aussi iconiques que les harmonies qui les accompagnent, on ne peut que s’incliner devant tant de maîtrise sensible.

The Coast, le premier EP

S’en suit un EP salué par la critique, The Coast. Kazy Lambist y prend la décision sage et avisée d’approfondir la veine qu’il a si magnifiquement trouvée avec On You. Il propose ainsi une évasion dans un été intemporel et infini, dans un groove issu de ses influences revendiquées. L’EP se trouve ainsi à mi-chemin entre la toute-puissante french touch des années 90 et son héritage contemporain qu’elle trouve en Darius ou Petit Biscuit. La force de ses paroles, volontairement ésotériques pour pousser le ressenti avant un quelconque message ou une quelconque histoire, réside dans le choix avisé de l’anglais, sur lequel l’accent français de l’artiste ne peut que charmer.

The City, la douce suite

Son nouvel EP The City se présente donc comme la suite du voyage commencé par The Coast. Dès son titre on assiste cependant à un changement de ton. Simplifiant sa structure en quatre chansons complémentaires, Kazy Lambist donne un nouveau sens à sa musique. Moins estivale, plus mélancolique, toujours plus sensuelle, le montpelliérain aiguise formidablement ses outils.

Il s’émancipe aussi de ses influences, s’autorisant des détours presque house, comme Be Yourself. On s’approche alors bien plus de la musique de TEPR que de celle de Darius. Quelques inspirations demeurent, comme la musique de Fakear pour la première piste.

S’il faut trouver un héritier au gigantesque On You, on se tourne vers Love Song. La basse omniprésente accompagne la douce voix de Kazy Lambist dans un groove auquel on ne peut pas échapper. Le clip encore chaud allie simplicité et esthétisme.

Faites une expérience très simple, lancez le clip et faites pause régulièrement, prenez quelques secondes pour admirer chacune des images en face desquelles vous tomberez.

Il s’agit là d’un perfectionnisme indéniable, que l’on apprécie de retrouver dans le dernier morceau de l’EP, Annecy. Rêveur plus que jamais dans sa performance, Kazy Lambist y raconte un trajet vers la ville française doublé d’un plongeon dans ses souvenirs d’enfance. Les textures sonores font preuve d’une poésie folle et enivrante. On restera longtemps marqués par cette simple ligne de synthé bourrée de nostalgie bienveillante.

La plus longue des quatre pistes referme ainsi la nouvelle parenthèse ouverte par l’artiste avant son premier album. On espère y découvrir plus amplement encore le jeune artiste, qui ne fait que commencer son long voyage vers le panthéon des musiciens électroniques français.

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