Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé vouloir réviser la Constitution, il serait sans doute bon de modifier l’article 2. Son alinéa 3 prévoit que “L’hymne national est « La Marseillaise ».” Trop guerrier, trop récupéré par l’extrême droite, trop clivant, trop long, celui-ci a pourtant fait son temps. Après le succès de Deux Frères, quoi de mieux que de choisir PNL, groupe de la modernité par excellence, pour donner un nouvel hymne à la France ? Quelques pistes de morceaux qui feraient bon effet .

Gala Gala

“Se relever, retomber” pour faire écho au “s’ils tombent, nos jeunes héros, la France en produit de nouveaux”. “Voir ma haine s’estomper” pour rompre avec “Qu’un sang impur, abreuve nos sillons”. Les plus attachés aux “racines chrétiennes de la France” pourront même se réjouir du “je te fumerais avec que tu m’embrasses comme Judas”. Le duo de Corbeil y est tendre avec ses “frères”, hostile avec “faux” et accepte la solitude avec bienveillance.

Néanmoins les couplets mériteront quelques aménagements pour dissimuler l’apologie de la vente de drogue. Quoique la Marseillaise parle bien de meurtre sans que ça ne semble attrister personne…

Mira

Tout en nuances et métaphores, le texte est très beau. Peinture de l’être humain et de sa complexité à l’heure du règne individualiste, il n’en reste pas moins fédérateur. PNL y met en lumière l’esprit de groupe avec des punchlines qui ne manqueront pas de faire vibrer des stades comme “Chez toi on est peut être personne, chez nous c’est nous les plus forts”. Au-delà de ça, quoi de plus unifiant pour une nation que de crier à l’unisson “mira, mira, petit pélican” ?

Onizuka

“Je pense à demain du soir au matin” comme une source d’inspiration pour la start-up nation qui se lève tôt. “Rien n’a changé, dans ma direction du vent” comme un hommage au pays qui a accueilli la bohème de Rimbaud. La France dessinée de ses racines jusqu’à ses germes sans oublier le reste de la forêt (le Japon symbolisé par GTO).

Au DD

Seul clip à ce jour avec des artistes sur le bord de la Tour Eiffel, un hommage vibrant au plus beau pays du monde qui mérite une reconnaissance en retour.

Reste un problème juridique. N.O.S. déclare dans le texte “toujours dans mon 91 car baisé par Paname” or l’article 1 de la Constitution dispose “La France est une République indivisible”. Le Conseil Constitutionnel ne contrôlant pas la constitutionnalité des lois constitutionnelles (CC (DC), 26 mars 2003, Révision constitutionnelle relative à l’organisation décentralisée de la République), la contradiction pourrait s’avérer regrettable pour l’ordre juridique français.

Déconnecté

Parce que “Mettre à genoux, qui ? Moi ? Essaye pour voir si c’est possible” est plus compréhensible que “Pour qui ces ignobles entraves / Ces fers dès longtemps préparés ?”.

Parce que “Igo, j’pense aux autres, c’est peut-être ça qui me tue” est moins caricatural qu’un “Amour sacré de la Patrie / Conduis, soutiens nos bras vengeurs”.

Et enfin parce que le “Et je dis “peace peace », mais avant je disais plus “canon scié”” illustre en lui-même le changement d’hymne et l’apaisement d’une société qui abhorre aujourd’hui la violence.

A propos de l'auteur

Gaspard

Grand g❀urou du site. 50% France Culture, 50% rap alternatif, 50% musiques électroniques moisies, 100% fluid, 0% de dignité.
Quelque part entre Pascal et Cioran, rages et fleurs ; vivre la tête haute et le cœur léger, transformer la nuit en matin.

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